Feuilles rares, brins fins, tiges qui montent en graine : en fin d’été, votre persil et votre ciboulette ont l’air d’avoir tout donné. Pourtant, une partie de ces pieds peut repartir et vous fournir de quoi assaisonner jusqu’en plein hiver.
La réponse tient en une phrase. La ciboulette se divise, le persil non. Voici comment relancer l’une, et quoi faire de l’autre.
Diviser la ciboulette pour relancer la récolte en hiver
La ciboulette est une aromatique vivace qui pousse en touffe dense. Au bout de deux ou trois ans, le centre de cette touffe s’appauvrit, les bulbes se serrent, le feuillage devient maigre. La division de la touffe redonne de l’espace et du souffle à chaque bulbe, un geste proche de la division d’automne des vivaces touffues, et la repousse suit en quelques semaines.
Voici les étapes à suivre, de l’arrachage à la replantation :
- Coupez tout le feuillage à 4 ou 5 cm du sol, y compris les tiges florales.
- Arrachez la touffe entière à la fourche-bêche, ou videz le pot si elle pousse en contenant.
- Séparez la motte à la main ou au couteau en petits paquets de cinq à dix bulbes, avec leurs racines.
- Jetez le centre desséché et gardez les morceaux les plus vigoureux, en périphérie.
- Replantez dans un terreau frais, allégé de compost, en espaçant les touffes d’une vingtaine de centimètres.
- Arrosez copieusement, puis maintenez le sol frais sans le détremper.
Rien ne vous oblige à tout replanter. Les divisions en trop se mettent dans un pot, se donnent à un voisin ou se rentrent à l’abri pour la récolte hivernale, dont il est question plus bas.
Quand diviser la ciboulette pour qu’elle tienne l’hiver
Le bon créneau s’ouvre en fin d’été et en début d’automne, de septembre à début octobre dans la plupart des régions. Le sol est encore chaud, les racines s’installent vite, et la touffe a le temps de se reconstituer avant le gel. Une division faite trop tard, en novembre, laisse des bulbes fragiles qui peinent à s’ancrer.
Le printemps convient aussi, mais il ne répond pas à notre cas : la plante repart alors pour la belle saison, pas pour l’hiver. Si vous voulez de la ciboulette sous la main en décembre, mieux vaut agir à la rentrée.
Un détail change tout sur une touffe qui s’essouffle : la montée à fleur. Les tiges florales raides et sans saveur épuisent les bulbes, car la plante dépense son énergie pour fleurir. Coupez-les dès qu’elles apparaissent, et la touffe garde ses forces pour produire du feuillage tendre.
Persil : pas de division possible, relancer autrement

Ici, il faut être clair : ne divisez pas votre persil. Plante bisannuelle à racine pivotante, il développe une longue racine unique qui ne supporte ni l’arrachage ni la coupe. Un pied déchiré par la division meurt presque à coup sûr. La deuxième année, il monte en graine, ses feuilles deviennent amères, et son cycle s’achève.
Plusieurs gestes permettent pourtant de prolonger sa récolte. Le premier consiste à couper au pied : rabattez toutes les tiges à 2 ou 3 cm du collet, sans toucher au cœur. Si le pied est jeune et n’a pas encore fleuri, il repart avec un feuillage neuf en deux à trois semaines. Le persil plat et le persil frisé réagissent de la même façon, le frisé supportant un peu mieux le froid.
Si le pied est monté à fleur, inutile de s’acharner. Laissez-le, ou arrachez-le, et passez au relais : un semis tardif.
Semis décalés et pot profond
Les semis décalés sont la vraie réponse du persil. Semez jusqu’à fin août ou début septembre, dans un pot profond d’au moins 25 cm, avec un terreau léger et bien drainé. La racine pivotante a besoin de verticalité, un godet étroit et trop court la bride. Prévoyez trois à quatre semaines de patience : la germination du persil est lente.
Ces jeunes plants, installés en pot, se déplacent facilement à l’abri dès que les nuits fraîchissent. C’est le moyen le plus fiable d’avoir du persil frais en décembre.
| Plante | Division | Geste de relance | Meilleur moment |
|---|---|---|---|
| Ciboulette | Oui, en touffes de 5 à 10 bulbes | Couper à 5 cm, arracher, replanter | Septembre à début octobre |
| Persil | Non, racine pivotante | Couper au pied ou resemer en pot profond | Rabattage en fin d’été, semis jusqu’à fin août |
Entretenir et récolter pendant l’hiver
La ciboulette en pleine terre entre en repos : son feuillage disparaît avec les premiers gels, puis la touffe repart au printemps. Pour continuer à couper des brins, il faut tricher un peu. En novembre, déterrez une motte, laissez-la passer quelques nuits dehors, puis rentrez-la dans une pièce lumineuse et fraîche, autour de 15 à 18 °C. Les brins repartent en deux à trois semaines.
Dehors, protégez les divisions et les semis de persil avec un voile d’hivernage posé sur un petit arceau, ou placez les pots contre un mur exposé au sud. Un abri bien aéré vaut mieux qu’un local fermé, car l’humidité stagnante pourrit le collet. Le gel prolongé reste le vrai danger pour un persil jeune.
Côté arrosage, soyez sobre. En hiver, un terreau gorgé d’eau fait plus de dégâts que le froid. Arrosez seulement quand les deux ou trois premiers centimètres sont secs, de préférence en matinée.
L’erreur qui coûte un pied de persil
Arracher un persil épuisé pour le « diviser » comme une ciboulette. Sa racine pivotante ne repousse pas une fois coupée. Rabattez le pied, ou semez-en un nouveau dans un pot profond.
Stocker ce que l’on ne consomme pas
Une division vigoureuse donne parfois plus de feuillage qu’on ne peut en manger. Dans ce cas, la congélation reste la meilleure option : ciseler les brins, les mettre en bacs à glaçons avec un peu d’eau ou d’huile, et les sortir à la demande. Le séchage, lui, convient au persil, mais la ciboulette y perd l’essentiel de son parfum.
Ce petit stock vous sert de filet de sécurité. Il permet d’attendre sans stress que les pots rentrés à l’abri et les touffes divisées reprennent leur rythme, et de garder de la verdure dans l’assiette jusqu’au retour du printemps.






